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  DiRIF

Radio et télécommunications

publié le 11 mai 2015


Une surveillance permanente dans les tunnels est rendue possible grâce à une redondance des réseaux : le réseau hertzien qui est essentiel pour l’information des usagers et les communications entre équipes de secours présentes dans le tunnel, et un réseau filaire qui est essentiel aux communications entre les tunnels et le centre de surveillance. Il est important en effet qu’une communication soit assurée en permanence entre le tunnel et l’extérieur.

Sécurisation des transmissions radio et du réseau de télécommunications

La sécurité dans les tunnels passe avant tout par l’efficience des moyens de communication entre les tunnels et le PC de sécurité, qu’il s’agisse des transmissions radio (pompiers et services de secours), de l’acheminement des données de surveillance et de détection ou de la possibilité de télécommander certains équipements comme les barrières, les signaux de fermeture ou le système de ventilation. Les architectures doivent être conçues pour pouvoir résister à un incendie en tunnel. Le principe général adopté est la surveillance permanente et la redondance du média de secours. (On parle de redondance lorsque les systèmes sont doublés ou triplés afin de prévenir la défaillance de l’un d’entre eux.)

Grâce à deux systèmes de communication parallèles, le contact entre le tunnel et le poste de secours n’est jamais interrompu, même en cas d’incendie grave.

Les réseaux hertziens (radio)

En cas d’incident, des signaux hertziens permettent d’acheminer les messages aux forces de sécurité équipées de terminaux radio mais aussi d’informer les usagers dont la radio FM serait allumée, de la situation et de leur indiquer la conduite à adopter.
Les transmissions radio à l’intérieur du tunnel sont assurées grâce à un câble rayonnant qui joue le rôle d’antenne. Il permet de rediffuser certaines émissions FM vers les usagers en y intercalant d’éventuelles instructions de sécurité et de communiquer avec les services de secours équipés de terminaux radios (le câble permet des échanges bidirectionnels). Les communications avec les moyens de secours sont un peu plus complexes car les échanges sont bidirectionnels.
Les systèmes en place ne sont actuellement pas redondants. Un incendie peut détruire le réémetteur ou endommager le câble, ce qui empêcherait la transmission de signaux sur toute la longueur du tunnel et affecterait l’information des usagers mais également la coordination des forces d’intervention. La nouvelle architecture qui sera déployée prévoit une segmentation du câble rayonnant en sections de cinq cent mètre maximum, chacune dotée d’un réémetteur indépendant, installé dans un local hors feu. Si une section est endommagée, le fonctionnement des autres sections restera assuré.

Diffuser des messages aux passagers sur la radio FM

Ce dispositif de transmissions radio autorisera également la diffusion de messages spéciaux à destination des passagers des véhicules via la bande FM. Concrètement, si les passagers écoutent une radio, celle-ci sera interrompue au profit d’un message d’alerte. Déjà existant dans certains tunnels, ce système pourrait être généralisé à tous les tunnels et à une douzaine de fréquences radio parmi les plus écoutées.

Le réseau filaire de fibre optique

Si le réseau hertzien est essentiel pour l’information des usagers et les communications entre équipes de secours présentes dans le tunnel, un réseau filaire est de la même façon essentiel aux communications entre les tunnels et le centre de surveillance (détection des incidents, information des postes de coordination des secours et pilotage de certains équipements). Ce réseau doit véhiculer des débits importants, notamment ceux émis par les 1500 caméras installées dans les tunnels. Sa résilience (capacité à résister à un sinistre) est essentielle. Le réseau qui sera déployé est un réseau de fibre optique monomode. Son architecture se présente comme un grand anneau desservant les centres de surveillance et des points de commutation intermédiaires, eux-mêmes raccordés aux installations en tunnel. Le capillaire de raccordement en tunnel est lui aussi structuré en pseudo anneaux assurant la résilience à l’incendie. Un dispositif de surveillance de cette infrastructure (supervision) permet à l’opérateur de prendre des mesures de sécurité lors de la disparition de certaines redondances. Un incendie dans une section d’un tunnel n’affecte pas la capacité de transmission des informations en son sein. Chaque tunnel formant une boucle indépendante, les aléas affectant un tunnel sont sans effet sur les autres.

Qu’est-ce qu’une fibre optique ?

Une fibre optique est un fil de verre transparent et très fin, plus fin qu’un cheveu. Si le verre des vitres de nos fenêtres était aussi pur que celui utilisé par la fibre optique, nos carreaux pourraient faire plusieurs mètres d’épaisseur et être toujours aussi transparents ! La fibre utilisée pour le réseau de communication des tunnels est une fibre monomode, qui se distingue de la fibre utilisée dans les réseaux d’entreprise par une capacité de transmission supérieure et surtout à plus longue distance. La fibre monomode est par exemple utilisée par les réseaux de câbles sous-marins supportant le réseau mondial de télécommunications. Les nœuds du réseau sont interconnectés à 10 Gbit/s. Les capacités de commutation des données dans ces nœuds sont de l’ordre de 100 Gbit/s. Ils permettent d’acheminer mille fois plus de données qu’une liaison Internet domestique (ADSL). A titre d’illustration, en moyenne, le réseau de la DIRIF permettrait d’acheminer simultanément les connexions Internet de l’ensemble d’une ville de deux cent mille habitants, par exemple Rennes.